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 Évolution tactique.

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MessageSujet: Évolution tactique.   Ven 29 Avr - 9:01

Évolution tactique.


« Au début, le football se jouait à 10 devant, aujourd'hui, il se joue à 10 derrière ». On pense généralement que cette phrase fut écrite il y a peu, mais elle date en fait des années 1950. Ainsi, il conviendra ici de tordre le cou à certains clichés.

La première révolution tactique fut de passer du « dribbling » au « passing » entre 1860 et 1880. Avant cette date, le jeu consistait surtout à dribbler en solitaire les adversaires qui se présentaient, tandis qu'ensuite on découvre qu'une passe bien pensée peut mettre en difficulté toute une défense. L'amélioration continue de la qualité des ballons et des terrains va contribuer à ancrer la passe dans la culture du football. Devant cette révolution, le législateur répliqua par la règle du hors-jeu qui empêchait les avants-centres de camper devant le but adverse. Avant les années 1920, il fallait non pas deux (un défenseur et le gardien, par exemple) mais trois joueurs entre la ligne de but et le joueur qui recevait une passe. L'avant-centre devait alors avoir encore de solides qualités de dribble afin de conclure une action. Cette période fut l'âge d'or des « numéros 9 ».


WMAprès la réforme du hors-jeu des années 1920 (2 joueurs pour le hors-jeu, et non plus 3), les données du problème changent, et Herbert Chapman met au point une tactique révolutionnaire, dite en « WM », qui lui permet de collectionner les trophées à Portsmouth puis à Arsenal. L'AS Cannes fut l'un des premiers clubs français à adopter cette tactique dès 1931. Le WM régna en maître absolu jusqu'en 1953 et la fameuse défaite des Anglais à domicile face aux Hongrois. En effet de nombreux entraîneurs ont tenté de trouver une parade au WM, et la solution viendra de Hongrie et du Budapest Honvéd avec Gusztáv Sebes. Ce dernier appliquait une tactique basée sur les permutations pendant le jeu - ce qui ne se faisait pas à l'époque. En effet l'avant-centre reculait en proposant une course d'appui et laissait place à la montée des deux milieux offensifs ce qui entraînait un surnombre par rapport à l'adversaire. Les Hongrois furent les premiers à estimer qu'un joueur pouvait dépasser son rôle. Ces principes novateurs pour l'époque favorisèrent le passage au 4-2-4. Les Brésiliens adoptèrent cette formule du 4-2-4 et la firent évoluer progressivement en 4-3-3 durant les années 1960 ; ce positionnement restera majoritaire jusqu'aux années 1970.

En parallèle de cette histoire des tactiques offensives, il existe également une école défensive. Le « Verrou suisse » mis en place dès les années 1930 est le modèle de tous les bétons (français) et autres Catenaccio (italien) qui prennent le relais après la Seconde Guerre mondiale. En France, les formations qui appliquent quasi religieusement ces stratégies sont Lyon, Strasbourg et surtout Bordeaux, « la forteresse imprenable ».

La montée en puissance de milieux de terrain créatifs à la manière de Cruyff, Platini et autres Maradona exigea une nouvelle adaptation défensive, mais dans ce domaine, tout, ou presque, avait déjà été essayé. De fait, les tacticiens ne trouvèrent jamais vraiment de parade pour maîtriser de tels joueurs. Depuis les années 1980, pourtant, la tendance est nettement à la défensive, et le vieux débat qui opposa longtemps les tenants du jeu ouvert (Nantes ou Monaco, par exemple) à ceux du réalisme défensif (Bordeaux ou Lyon, notamment) est obsolète. Le jeu à la nantaise n'est plus qu'une chimère, tandis que les Girondins de Bordeaux et autres OL ne pratiquent plus le jeu fermé de leurs aïeux. Avec la rapidité des transferts de joueurs, les cultures tactiques sont moins le fait de clubs que d'entraîneurs, dont les plus connus et les plus durables au haut niveau développent des préférences pour tel ou tel schéma. On note en fait un certain nivellement tactique, principalement en raison du développement d'une nouvelle arme terriblement efficace en tactique : les images vidéo.

En Angleterre, la culture tactique n'a jamais vraiment été de mise, et il faudra attendre les années 1960 pour voir les Anglais abandonner définitivement le vieux WM. Aujourd'hui, de nombreux clubs professionnels anglais n'ont toujours pas de séances tactiques au programme de leur préparation d'avant-match… Mais l'arrivée d'entraîneurs étrangers est en train de changer la donne.

L'évolution vers toujours plus de joueurs défensifs semble aujourd'hui avoir atteint ses limites. Les défenses à cinq n'ont jamais eu la cote, et descendre en dessous de trois ou quatre joueurs à vocation offensive (milieux et attaquants), comme dans un grand nombre d'équipes actuelles, semble contre-productif. L'accent est mis sur la polyvalence et le resserrement des lignes, souvent résumés dans l'expression de « bloc-équipe », qui aboutit à une contraction du temps et de l'espace disponibles pour l'adversaire. L'animation défensive se standardise autour de fondamentaux invariables (participation des dix joueurs de champ, replacement, pressing raisonné des attaquants, défense en zone et en ligne). L'animation offensive est le terrain de plus d'expérimentations, de créativité (un, deux ou trois attaquants ? meneurs de jeu excentrés ou un meneur central ?), donnant aux stratèges du football du fil à retordre pour les années à venir
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